La légende de Sleepy Hollow

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"La légende de Sleepy Hollow, aussi connue comme la légende du cavalier sans tête, a été publiée pour la première fois aux États-Unis en 1820.

La plume de Washington Irving (1783-1859) nous plonge dans le quotidien des habitants du Vallon

(Sleepy Hollow). Un lieu paisible et reculé dans lequel les villageois partagent des histoires et anecdotes mystérieuses dont la plus célèbre concerne le spectre d’un cavalier sans tête. En suivant Ichabode Crane, maître d’école venu du Connecticut, nous découvrons les paysages magnifiques du Vallon et la vie des colons Hollandais qui l’habitent.

Le comédien raconte l’histoire d’une manière immersive. Idéal pour les amateurs de frissons !

EXTRAIT : Au fond de l’une des criques spacieuses qui dentèlent la rive orientale de l’Hudson, vers cette large expansion du fleuve dénommée par les anciens navigateurs hollandais le Tappan Zee, et où toujours ils diminuaient prudemment de voiles et imploraient la protection de saint Nicolas quand ils passaient, se trouve un petit bourg marchand ou port rustique que quelques-uns appellent Greensburgh, mais qui est plus généralement et plus justement connu sous le nom de Tarry Town. Ce nom lui fut donné, dit-on, au temps jadis par les bonnes femmes des pays adjacents, à cause du penchant invétéré de leurs époux à s’attarder dans la taverne du village les jours de marché. Qu’il en soit ce qu’il voudra, je ne garantis pas le fait, mais le relate simplement, afin d’être précis et de faire autorité. Non loin de ce village, peut-être à trois milles de là, est une petite vallée, ou plutôt un renfoncement du sol, au milieu de collines élevées, qui est un des endroits les plus calmes du monde entier. Un petit ruisseau la traverse mollement, faisant juste assez de bruit pour vous inviter au sommeil ; et le sifflement fortuit d’une caille ou le cri discordant d’un pivert est à peu près l’unique son qui jamais interrompe cette uniforme tranquillité.

Je me souviens qu’au temps de mon adolescence mon premier exploit à la chasse à l’écureuil s’accomplit dans un massif de grands noyers qui ombrage un côté de la vallée. Dans mon excursion je m’y étais enfoncé vers l’heure de midi, quand toute la nature est particulièrement calme, et la détonation de mon propre fusil me faisait tressaillir quand elle rompait le silence consacré d’alentour et se prolongea --it renvoyée par les échos irrités. Si jamais je désirais trouver un asile où je pusse me dérober au monde et à ses agitations et couler dans une douce rêverie le reste d’une vie inquiète, je n’en sais pas de plus fécond en promesses que cette petite vallée. Vu l’intense repos de l’endroit et le caractère particulier de ses habitants, qui sont des descendants des colons hollandais primitifs, ce vallon solitaire est depuis longtemps connu sous le nom de Vallon endormi, et ses rustiques enfants appelés, dans tous les pays circonvoisins, les gars de Sleepy Hollow. Une influence somnifère et songeuse semble planer sur ces lieux et courir dans l’atmosphère même. Aucuns disent que l’endroit fut ensorcelé par un grand docteur allemand, dans les premiers temps de la colonie ; d’autres, qu’un vieux chef indien, prophète ou voyant de sa tribu, y tenait ses assises avant que le pays fût découvert par maître Hendrick Hudson. Certain est-il que l’endroit subit encore à présent le joug de quelque puissance magique qui tient sous le charme l’esprit de ces bonnes gens, et qui les fait marcher dans une continuelle rêverie. Ils sont adonnés à toutes sortes de croyances merveilleuses, sont sujets aux extases et aux visions, assistent fréquemment à d’étranges spectacles et entendent de la musique et des voix dans l’air. Tout le voisinage regorge d’histoires locales, de lieux où il revient, de superstitions crépusculaires ; les étoiles filent, les météores flamboient dans le vallon plus souvent que dans toute autre partie de la contrée, et la nocturne cavale, avec ses neuf poulains, semble en faire le théâtre favori de ses gambades. Mais parmi les esprits qui hantent cette région enchantée, il est un esprit dominant et qui semble être le commandant en chef de toutes les puissances de l’air : c’est l’apparition d’une forme équestre sans tête. Suivant quelques-uns, ce serait le fantôme d’un cavalier hessois dont la tête fut emportée par un boulet, dans quelque bataille sans nom, pendant la guerre révolutionnaire, et qui de temps à autre est aperçu par les gens du pays, dévorant l’espace dans les ténèbres de la nuit, comme s’il était porté sur les ailes du vent. Ses visites ne sont pas bornées au vallon, mais s’étendent parfois aux routes adjacentes, et particulièrement au voisinage d’une église située non loin de là. Enfin quelques-uns des historiens les plus dignes de foi de ces parages, qui ont eu le soin de recueillir et de confronter les faits indécis concernant ce spectre, prétendent que le corps du cavalier ayant été enterré dans le cimetière, le fantôme chevauche la nuit vers le théâtre du combat, à la recherche de sa tête, et que la rapidité vertigineuse avec laquelle il traverse quelquefois le vallon, semblable à une rafale de minuit, tient à ce qu’il s’est attardé et a hâte de regagner le cimetière avant le point du jour."

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